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Ce n'était pas comme avant, en rien. J'eut vite compris que je ne réalisais pas la chance que j'avais avant.

À ma nouvelle maison, il n'y avait pas un autre cheval que moi. Il y avait 2 bêtes qu'ils appellaient "moutons", deux autres "chèvres" et un "âne".

L'âne me ressemblait un peu, mais il n'avait pas la même odeur, il criait très bizarrement aussi. On me mettait en pâture avec lui.

J'avais du mal à savoir laquelle des deux blondes étaient ma maîtresse. Il y avait aussi un petit homme, plus petit qu'Éloïse, d'environ huit printemps. Il venait souvent me transférer de champs.

J'ai vite fait d'identifier leurs noms. La dame blonde s'appelait Diane, la plus petite Bridgette - ils l'appellaient Bridge quelquefois - et le garçon se nommait Bryan.

Éloïse m'avait dit qu'ils étaient riches, certes, ils l'étaient. Cependant, je n'étais du tout plus heureux que d'où je venais.

Bridgette était gentille parcontre. Elle me montait avec une selle classique. C'était beaucoup plus légers que les selles de chez Éloïse. Bridgette n'était pas aussi douce qu'Éloïse sur le mors. Elle me claquait souvent le mors dans la bouche pour rien.

Et on allait jamais loin. On restait toujours dans la cours de la maison. La cours était séparé en quelques parties pour les pâturages, mais elle était entourée d'arbres. J'avais l'impression d'être dans un monde clos, isolé de tout. Il y avait la barrière. Une grande barrière forgé par laquelle on pouvait voir une autoroute.

J'y avait déjà vu passé quelques chevaux, ils étaient sellés. Je les appelais, je criais de mon plus fort, mais il ne faisait que m'accorder un regard, pas la moindre réponse.

Diane s'occupait de moi, pendant que Bridgette et Bryan étaient partis - ils partaient pour l'école, qu'ils disaient. Elle me montait quelques fois, elle était plus vieille que Bridgette, mais elle était plus douce sur le mors. Elle disait souvent que Bridgette me rendais la bouche dure, que je cédais moins.

J'étais doux avec elles. Je ne les aimaient pas vraiment, mais j'espérais qu'elles puissent me ramener chez Éloïse. Je les laissais me brosser, me monter... Je fermais les yeux en essayant de me dire que c'était Éloïse qui me brossait. Ça ne marchais jamais, elles ne chantaient pas. Elles parlaient quelques fois, mais elles n'avaient pas la douce voix de ma belle Éloïse.

Quand l'hiver venu, ils me mirent dans une petite étable. Il y avait 4 box. Un pour moi, un pour l'âne, un pour les chèvres et le dernier pour les moutons.

Je détestais être près d'eux, enfermé, cloîtré entre ces quatres murs. Ils sentaient mauvais. Et quand Bridgette venait enfin me voir, elle était parfumé au chimique. Elle me parlait peu. Elle était silencieuse. Je n'arrivais pas à savoir ce qu'elle ressentais. Je ne savais jamais si elle était joyeuse, triste ou troublée. Pas comme Éloïse.

Quand l'hiver et le printemps cédèrent leur place à quelques rayons de soleil, je fut à nouveau dehors. Les autres aussi. Les jours passaient et se ressemblaient tous. Diane venait me porter à manger le matin et Bryan ou Bridgette venait me voir le soir.

Je n'avais jamais vu leur père. D'après ce que j'avais compris, il était ailleurs, pour un long moment. Personne ne semblait s'en plaindre.

# Posté le lundi 31 décembre 2007 17:14

Modifié le mardi 01 janvier 2008 18:53

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