[15]

J'étais resté très longtemps chez Normand, j'ignorais combien de temps, car je ne voyais pas les saisons se passées dans mon box.

Normand m'avait sellé quelques fois aussi.

J'essayais d'être le plus parfait de tous, j'essayais de tout faire ce qu'il me demandait.

Je me sentais comme un traître. Les autres chevaux me regardaient avec haine...

J'aurais pu ruer Normand alors qu'il passait derrière moi, j'aurais pu le désarçonner des miliers de fois...

Mais je m'en sentais incapable. J'avais peur.

Chaque fois qu'on revenait de promenade, les chevaux hennissaient fort, ils ruaient dans leurs boxs...

Quand j'arrivais face au box de Copain, j'avais l'impression qu'il me criait:

"Vas t'en!! Qu'est-ce que tu attends? Enfuis toi!!"

Cependant, je restais toujours résigné. Je me laissais déseller, bouchonner...

J'aimais tellement qu'on me touche, qu'on me caresse...

Même s'il s'agissait des mains d'un batteur de chevaux. De ces mains sales qui n'hésitaient pas à avoir recours à la violence pour obtenir ce qu'elles voulaient.

J'avais honte... Honte de tout ce que j'étais devenu.

C'était comme si j'avais tout oublier de qui j'étais.

J'étais laid, mes côtes étaient saillantes, j'avais l'impression de perdre mon âme... Je n'avais plus cette fougue d'autrefois.

Il m'avait frappé quelques fois aussi. Je n'avais jamais osé répliquer. Même si j'ignorais pourquoi il me donnait ces coups.

Il était très rare que quelqu'un d'autre que Normand vienne dans l'écurie.

Les gens qui venaient n'osaient pas nous regarder, on se cachait tous dans le fond de notre box, le visage couvert de honte, de peur...

De plus, c'était Normand qui s'occupait de nous travailler les sabots.

Quelque fois, il n'arrivait pas à faire les sabots de Copain.

J'aurais aimé être courageux comme lui.

Copain le menaçait toujours de le ruer, de le mordre...

Alors Normand avait cesser de lui tailler les sabots. Copain était de plus en plus souvent couché dans le fond de son box, ses sabots étaient douloureux, la corne était trop longue.

Un jour, Normand amena Copain à l'extérieur de l'écurie.

Tous les chevaux acclamaient Copain.

Il s'amusait à faire le fier, à hennir de son plus fort, il essayait de ne pas montrer qu'il était aussi épuisé que nous.

Quand Copain sortit dehors, on pouvait encore l'entendre hennir, mais un bruit sourd, comme un bruit de Tonnerre, coupa ses hennissements.

Copain ne revenut jamais à l'écurie.

Les autres semblaient comprendre ce qui s'était passé, mais moi je ne comprenais pas.

Jusqu'à ce que je le vois.

Normand m'avait seller pour une promenade. J'avais alors vu Copain couché sur le sol.

Il semblait détendu, ces yeux étaient clos, il semblait bien pour une fois.

J'essayais de le réveillé, mais Normand m'éloignait de lui. Je parvenus tout de même à m'approcher de lui, Normand avait échappé les rênes et je m'étais accourru vers lui.

Je me demandais pourquoi il ne se levait pas. Lui qui souhaitais quitter cet endroit, lui qui n'aurait demander qu'à s'enfuir...

Je me suis approcher de sa tête, lui donnant des petits coups pour qu'il se lève.

J'ai alors senti une odeur pesante.

Je vis un rond sur son front, je vis le rouge sur le sol qui avait coulé sur son chanfrein et qui était tombé sur quelques pissenlits.

Cette odeur, c'était celle de la mort.

Quand j'eut compris, j'ai crier, du plus fort que je pouvais.

Normand s'approcha de moi, mais je me suis mis à hurler dessus.

Il répliqua en criant à son tour.

J'ai alors décidé de faire ce que Copain aurait fait. Ce qu'il voulait que je fasse.

Pour la première fois, j'ai lever ma tête bien haute et je l'ai regardé directement dans les yeux.

Mes naseaux respiraient l'odeur du sang de Copain, mes poumons se gonflaient, je tapais un de mes antérieurs contre le sol rouge.

Je me mis à courir, pas pour m'enfuir, mais pour l'affronter.

Mes sabots aggrippaient le sol jusqu'à lui, j'ai baissé mon front pour qu'il se plaque contre le thorax de cette crapule. J'ai carrément passé dessus.

Puis je me suis dirigé dans l'écurie.

Je criais, je criais pour deux.

Copain aurait été fier de moi.

Tous les chevaux m'acclamaient. Leurs yeux semblaient retrouvés l'espoir que Normand avait souillé avec ces coups.

Je savais que je ne devais pas rester ici. Je suis sorti de l'écurie au grand galop.

Normand bougeait encore, mais il n'arrivait pas à se relever. Je n'eut pas un brin de pitié pour lui.

Je l'ai laissé seul. Comme il le faisait si souvent avec nous tous.

Je suis allé rejoindre Copain. Si j'aurais su pleurer, comme les humains le faisaient parfois, je l'aurais fait.

J'ai finit par le laissé, mais pas sans lui promettre de libérer les autres.

J'ignorais ce que j'allais faire, mais je savais que je devais partir avant que Normand me réserve le même sort que Copain.

J'aperçut alors une voiture blanche passer sur la route.

Elle ne s'arrêtait pas ici, mais j'eut décidé de la suivre. Je ne pouvais pas tomber sur quelqu'un de pire que Normand.

Je me suis mis à galoper. J'ai rejoint la route et j'essayais de ne pas perdre l'engin blanc de vue.

Il roulait très vite. Mes sabots claquaient contre l'alsphate grise.

Je criais, j'essayais d'aller le plus vite que je pouvais.

La voiture se stoppa. Je me suis arrêté à mon tour.

Une porte s'ouvrit et quelqu'un sortit.

C'était une femme. Elle claqua la porte de l'engin derrière elle.

Elle devait être dans la vingtaine.

Elle s'avança doucement vers moi.

"Coranzo...?" Souffla t-elle.

Elle savait mon nom.

Sa voix... J'ai fermé les yeux.

J'avais déjà entendu cette voix, mais je n'arrivais pas à me souvenir.

Je l'ai laissé s'approcher de moi. Elle leva sa main vers ma tête, elle glissa ses doigts sur mon front.

Elle tomba sur ces genoux.

Des larmes coulaient sur son visage. J'ai abaissé ma tête à son niveau.

Nous étions tous les deux au milieu de la rue, mais s'était comme si le monde s'était arrêté. Aucune voiture ne passait.

Quand je vis ces yeux emplis de larmes, je l'eut reconnu.

Le ciel et la terre dans ses yeux... C'était Émy.

Elle avait grandit, mais je savais que c'était elle.

J'ai alors appuyé mon front contre le sien, comme nous le faisions autrefois.

Elle serra ma tête contre elle.

Je l'avais retrouvée.

# Posté le vendredi 15 février 2008 10:52

Modifié le samedi 16 février 2008 10:56

[16]

Quand mon dernier jour venut, j'étais paisible.

Émy avait réussi à m'acheter.

Elle m'avait expliquer que par ma faute, Normand était devenu "paraplégique".

J'ignorais le sens de ce mot, mais elle m'avait dit qu'il ne pourrait plus jamais s'occuper de chevaux.

J'étais fier de moi, j'avais en quelque sorte accomplie ma mission. Je savais qu'ainsi, plus aucun cheval ne serait manipuler par ces mains.

Quand elle avait trouvé Normand, j'étais avec elle.

Nous étions revenus à l'écurie, car elle croyait que je m'étais enfui.

Je ne voulais pas revenir, mais elle m'avait dit que je n'avais rien à craindre, qu'elle me protègerait, quoi qu'il arrive.

Quand il nous vit, Normand criait du mieu qu'il pouvait, Émy était effrayé.

Elle sortit un petit objet de sa poche, qu'ils appellaient "cellulaire" et quelques minutes plus tard, une ambulance arriva.

Pleins de gens étaient autour de Normand, celui-ci disait que c'était de ma faute, qu'on devait me pendre, que je n'étais qu'un sauvage...

Émy était furieuse. Elle était devant moi, les bras décollés de son corps, comme s'elle voulait formé une armure entre moi et les autres.

"Allez-vous en, je m'occupe de lui." Avait-elle soufflé entre ses dents.

Normand semblait inquiet qu'Émy entre dans l'écurie.

Et avec raison.

Dès que l'ambulance s'en alla, Émy regarda Copain.

"Il était beau..." Murmura t-elle en laissant échappé quelques larmes.

Émy prit son cellulaire et elle se mit à parler:

"Désolé, je vais prendre du retard... Je suis tombé sur un cas de cruauté envers les animaux je crois... Je sais pas encore combien ils sont, il doit en avoir d'autre dans la grosse bâtisse..."

Elle racrocha.

Ces yeux se posèrent sur moi. Elle esquissa un petit sourire.

"La première fois que je t'ai vu, tu frôlais l'obésité et là... Tu frôles l'anorexie!" Souffla t-elle avec un petit rire inquiet.

Elle s'accourue à sa voiture blanche et elle revenue avec une valise. Elle en sortit des objets étranges.

Elle disait que tous les médecins pour chevaux avaient ça, que je ne devais rien craindre. Elle se mit à m'ausculter avec un objet froid, qu'elle glissait sous mon ventre.

Ses mains faisaient des vagues quand elles glissaient sur mes côtes, Émy semblait inquiète, mais moi, je me sentais en sécurité.

Pour une fois depuis bien longtemps, j'ai senti cette chaleur humaine, cette tendresse...

J'ai fermé les yeux, j'étais si bien.

Puis elle entra dans l'écurie. Je la suivais, je ne la lâchais pas d'un poil.

Tous les chevaux semblaient effrayés.

Émy tenta d'entrer dans un box de l'un de mes amis, mais celui-ci se lançait d'un coin à l'autre de son box.

Plusieurs de mes amis réagissaient de cette façon. Ils avaient tous peur, ils ne pensaient pas qu'Émy était gentille.

Finalement, d'autres médecins pour chevaux arrivèrent pour l'aider. Peu importe où Émy allait, je la suivais.

J'avais peur qu'elle me laisse, que je la perde à nouveau.

Ses collègues nous donnèrent du bon foin, ils changèrent la litière de nos box...

Le quart de mes amis durent se faire euthanasier.

Émy me disait qu'ils n'avaient pas de chances, qu'ils souffraient trop, qu'il serait très dur de les sauver...

Émy dormit dans mon box ce soir-là.

Ces amis lui disaient qu'elle n'avait pas à faire ça, mais elle insista pour rester avec moi.

Normand demanda ma pendaison.

Émy avait fait en sorte que je n'aille pas à subir ça, elle accusa Normand de cruauté envers les animaux et pleins d'autre choses dont j'ignorais la signification.

L'écurie se vida peu à peu. Émy disait que les chevaux allaient être entre de bonnes mains.

Elle m'acheta, ainsi qu'un poulain.

Il était né chez Normand alors que la troupe de médecins pour chevaux étaient là.

La mère n'avait pas survécu, mais le poulain était en pleine forme.

Émy nous avait mit en pension dans une jolie écurie.

Les propriétaires de l'endroit étaient agréables. Automne, c'est ainsi qu'Émy le baptisa, ressemblait de plus en plus à son père.

Sa robe était encore plus flamboyante que celle de son père. Il avait hérité de tous ses traits, au pré, il galopait fièrement, défiant quiconque de s'opposer à lui. Ses yeux démontraient sa fierté, ses longues jambes le faisaient courir très vite...

Il avait tout de Copain...

Quand j'eut repris assez de poids, Émy me faisait faire quelques balades au pas, elle s'amusait à me promener en laisse, elle montait quelque fois une petite fille minuscule sur mon dos.

Elle avait des yeux semblables à ceux d'Émy... Ils étaient encore plus frappant, le bleu de ces yeux rappelait la couleur que le ciel prenait lors des belles journées d'été. Il y avait aussi un halo doré qui longeait sa pupille... Elle était si jolie. Elle avait les joues bien rondes, ses cheveux étaient plus clairs que ceux d'Émy, ils étaient bouclés.

C'était sa fille.

Je pas revu Yann. Le petit ami qu'Émy avait avant. Elle ne m'avait pas reparlé de lui et j'en ai était pas maleureux pour autant.

Mes derniers jours sur cette terre étaient merveilleux. Émy et sa fille, Laura, étaient toujours là.

Émy était triste que je m'en aille.

Je mourut de vieillesse, je n'arrivais plus à me lever un matin et Émy comprit que je devais partir.

Elle me piqua dans l'encolure, je me sentais bercé par le sommeil...

Laura devait avoir trois Printemps quand j'eut quitté ce monde. Ses petites mains suivaient le mouvement de celles de sa mère sur mon chanfrein.

Laura bafouillait quelques paroles en regardant les yeux de sa mère qui laissaient couler quelques larmes.

La dernière chose que j'entendu d'elle c'était : "Bonne nuit..."

# Posté le dimanche 17 février 2008 13:38

Modifié le dimanche 17 février 2008 15:20

/!\ Avis à tous /!\

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XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯¯i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi........................Je vous demande votre avis............................i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi......................................................................................................'i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi.......L'histoire de Coranzo, ou Tom Boy, est terminé..........'i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi......................................................................................................'i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi.....Aimeriez-vous que je fasses l'histoire d'Automne?.....'''i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi......................................................................................................'i
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXi...................Merci, votre avis est très apprécié......................''i
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Je ne ferai pas de nouveau blog, mais je vais faire une suite pour l'histoire d'Automne. Merci pour vos commentaires, vous pouvez encore donner votre avis, c'est toujours apprécié!

# Posté le dimanche 17 février 2008 15:54

Modifié le samedi 23 février 2008 22:35

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Mon nom de naissance était Automne.
J'étais beau, comme ils le disaient souvent.
D'autres disaient que j'étais fou.
Ma vie avait ces hauts et ces bas.
À vous d'en juger..


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J'étais né dans une écurie délabrée et ma mère était morte quand j'étais apparu dans ce monde.

Malgré ma naissance tragique, j'avais très vite été repris en main par de bons humains.

Je n'étais pas comme les autres poulains, je n'avais pas de jument comme mère, mais une humaine. Je l'aimais beaucoup, elle était très gentille et elle me nourrissait au biberon.

Ma maison était beaucoup plus jolie que celle où j'étais né.

Ma meilleure amie était une pouliche haflinger de mon âge, du nom de Mistral. Elle était très jolie, au pré, nous étions toujours ensemble.

Plus je grandissais, plus j'embellissait, comme me disait si souvent ma mère.

J'étais un cheval très fier et je voulais le montrer. Quelque fois, je faisais des excès de folie, mais jamais à ma mère.

J'aimais bien effrayé les jeunes enfants. Ils étaient stupides. Ils nous mettaient les doigts dans les naseaux, hurlaient en courant dans l'allée de l'écurie... J'essayais toujours de les mordre quand ils passaient près de moi.

Ma mère n'aimait pas que je me conduisse de cette façon, mais j'aimais faire le fier devant Mistral.

Elle était beaucoup plus douce que moi. Même quand les jeunes enfants lui faisaient mal, elle ne réagissait pas. D'autres chevaux étaient comme elle, en fait, j'étais le seul de l'écurie qui osaient défier ces petites créatures.

Il y en avait une seule que j'appréciais. C'était ma soeur, Laura.

Ce n'était pas une jument, mais bien une humaine. C'était la fille de ma mère adoptive, donc, de ce fait même, ma soeur. Elle n'était pas comme les autres enfants. Elle était aussi petite qu'eux, mais elle était plus douce, plus belle...

Quand il fut le temps de me dresser, je n'étais pas d'accord du tout. Je détestais qu'on me sangle et qu'on me mette un mors dans la bouche. Ce n'était pas ma mère qui me dressait, c'était un homme du nom d'Antoine. J'avais beau essayé de l'impressionner, rien d'y fut.

Quelques fois, je le voyais seller Mistral. Je me demandais pourquoi elle se laissait faire. Elle aurait pu tenter sa chance, elle aurait pu essayer de le faire tomber quelques fois au moins, pour lui montrer qu'elle n'aimait pas ça... J'eut bizarrement compris qu'elle aimait se faire monter.

Plus le temps passait, plus la pouliche que j'avais connue changeait. Elle était toujours aussi jolie, mais elle ne me regardait plus, nous étions toujours séparés quand il était temps d'aller au pré.

Ma mère était toujours là quand je me faisait entraîner par Antoine. Celui-ci disait que si j'étais castré, je serais beaucoup plus calme. Je n'aimais pas ce mot, j'ignorais quelle était sa signification, mais je détestais ce mot. Ma mère n'était pas très consentante à cette idée et j'en était heureux.

On me séparait toujours des juments, je me retrouvais souvent avec Ronny, un hongre peureux. Je m'entendais bien avec lui, même si je trouvais que ce n'était qu'un lâche. Je ne comprenais pas ce qu'il y avait de plaisant à se laisser corriger par un homme perché sur son dos, mais Ronny semblait adorer ça.

Quand elle eut 8 ans, j'en avais 9. Laura et moi avions pratiquement le même âge.

Elle rêvait de me monter. Je n'étais pas très chaud à cette idée et notre mère non plus.

Laura pouvait monter Mistral comme bon lui semblait, mais elle semblait toujours porter son intérêt sur moi.

Elle adorait venir me brosser, elle m'appellait toujours "Frèrot". J'étais très gentil avec elle, mais j'avais peur de lui faire mal. Elle était si délicate, si petite, comparé à Antoine.

Même si notre mère nous l'avait interdit, Laura décida de me monter. Pendant que les autres humains étaient partis en randonnée avec les autres chevaux, elle me sella et elle m'amena dans le manège.

Comme j'étais très grand, elle n'arrivait pas à mettre son pied dans l'étrier. Elle me laissa seul dans le manège et elle sortit.

La porte du manège était grande ouverte. J'aurais très bien put quitter le manège en trottant pour aller mâcher de l'herbe fraîche... Mais je savais déjà que Laura nous avait déjà mit en position délicate, il ne fallait pas que j'empire les choses.

J'étais donc rester au milieu du manège, je n'avais pas bouger de l'endroit où elle m'avait laisser.

Elle revenut avec un sceau, dont elle se servit comme marche-pied.

Elle se hissa sur mon dos, puis elle enfila les deux étriers dans ces bottes.

Ma soeur n'était tellement pas méfiante, elle me faisait entièrement confiance. C'est peut-être pour ça que j'avais pas réussi à lui faire un coup bas.

C'était la première fois que quelqu'un réussissait à me faire tourner dans un manège sans que je ne réplique. Même s'elle était maladroite, qu'elle me claquait le mors dans la bouche quelques fois, je ne bronchais pas. J'étais très attentif à ces demandes.

Laura était très légerte sur mon dos. J'arrivais pratiquement à oublier sa présence. Elle commença en douceur, mais il ne lui prit pas longtemps pour me faire galoper.

J'avais déjà galoper avec Antoine, il m'avait apprit, mais je faisais semblant d'oublier, ou bien j'essayais de le faire tomber.

J'espérais que Laura me rentre au plus vite avant que les autres arrivent.

Le premier à nous apercevoir fut Antoine. Il était sur Mistral.

Quand il eut réaliser que c'était bien moi qui était sous la selle de Laura, il s'accourrut vers nous au grand galop.

"Laura, qu'est-ce que tu fais là?" Avait-il hurlé. "Tu vas te blesser!"

"De quoi tu parles?" Répliqua celle-ci avec un petit rire. "C'est mon frèrot, il ne me fera jamais mal!"

"C'est tout de même un étalon..."

Il n'eut pas finit sa phrase que Laura ne s'occupait plus de lui. Elle se remit à me faire galoper, à me faire faire des arrêts, à me faire reculer...

Antoine s'assit sur le bord du manège, avec les rênes de Mistral en main.

Quand nous passions près de lui, je pouvais voir qu'il était sans mots.

Ma mère arriva bientôt, mais Antoine s'empressa de lui demander de ne pas faire de bruit. Elle s'assied à côté de lui et ils nous regardaient.

Laura me guidait avec la tête haute, elle était très fière. Elle arrivait très bien à suivre mes foulées avec son assiette. Mes sabots glissaient sur le sol sablonneux, le soleil couchant nous offrait ces dernières lueurs.

Ce fut le jour où, j'avais enfin compris que Ronnie n'était pas nécessairement peureux. Il s'était sûrement aperçu avant moi que les humains n'étaient pas des monstres parce qu'ils nous mettaient une selle sur le dos, ou bien qu'il était agréable de se faire monter...
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# Posté le jeudi 21 février 2008 20:15

Modifié le samedi 23 février 2008 22:32

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J'aimais beaucoup Laura.

Elle était petite, mais elle ne se laissait jamais impressionner par les autres. Je l'avais fait tomber quelques fois, mais elle remontait toujours quelques secondes après.

J'aimais voir à quel point cette minuscule chose était si forte d'esprit. Il n'était pas dans mon habitude de la faire tomber, mais quelques fois, lorsque je voyais une jument, je devenais quelqu'un d'autre.

J'ignorais moi-même ce qu'il se passait. Je me sentais attirer par elles, comme si une force me poussaient vers elles. Cela ne m'arrivait pas toujours, mais les fois où cela arrivait, je devenais incontrôlable.

Ma mère semblait en être effrayée d'ailleurs. Elle n'avait pas peur de moi, mais pour Laura.

Elle avait beau interdire à ma soeur de me monter, elle s'en fichait.

Ma mère avait vue à quel point la bête douce que j'étais se transformait en une fraction de secondes et elle avait peur que cela se produisse lorsque Laura était sur mon dos.

C'était déjà arrivé, mais nous avions eu de la chance que notre mère n'aie pas vue la scène.

Cependant, ce que nous avions toujours tant redouter finit par se produire.

Laura m'avait seller, nous revenions de promenade et nous avions rencontré une nouvelle jument qui était arrivé quelques jours plus tôt à l'écurie.

Elle se nommait Furie et avec raison. Laura m'avait dit que cette jument était troublée dans la tête. Parcontre, elle était grande et très jolie. Elle avait une robe de la même couleur que le blé. Antoine l'avait acheté dans l'espoir d'en faire une bonne jument de monte.

Elle avait sauté par dessus la clotûre du paddock où elle se trouvait et elle nous avait rejoint.

Je m'étais mis à sautiller un peu partout, quand je m'étais rendu compte que Laura tentait de m'empêché de l'approcher.

Furie semblait m'encourager, elle se levait sur ses postérieurs pour m'inviter à me cabrer. J'était tombé dans un état d'esprit second.

Les cris de Laura semblaient s'embrouiller à mes oreilles, comme si je ne voyais que Furie. Je me suis alors cabré à mon tour et Laura glissa de ma selle et elle retomba contre le sol.

Furie se mit alors à danser sur place et a pousser des petits hennissements clairs. Elle bondit et elle se mit à galoper à grandes foulées pour s'enfuir encore plus loin. Ses sabots faisaient marteller le sol sous elle, j'avais l'impression d'entendre une musique qui m'enivrait.

Je m'apprêtais à faire pareil, mais un petit cris persant me traversa les oreilles.

"Frèrot, aide moi!" Hurla ma soeur.

Elle était assise sur le sol et elle semblait incapable de se relever.

Mon coeur me suppliait de rester à ces côtés, mais ma tête fut celle qui trancha en faveur de Furie.

Quelques heures après avoir désarçonné ma soeur, Antoine nous trouva dans le champs d'un voisin.

Il était sur le dos de Mistral. Celle-ci semblait me regarder avec plus de haine que jamais. Je m'en fichais un peu, Mistral ne faisait que m'ignorer à l'écurie. La pouliche avec qui je jouais autrefois c'était transformé en jument aux airs hautains. D'habitude, elle ne m'accordait pas un regard, mais aujourd'hui, elle plongeait ses yeux dans les miens, plus que jamais. J'avais l'impression d'y voir de la haine, ce que je n'avais jamais vue auparavant dans les yeux des chevaux.

Furie aurait très bien été capable de s'enfuir à nouveau, mais elle me suivit.

Antoine m'avait mit une laisse et il me traînait derrière Mistral. Celle-ci nous jetais des regards rapides, elle avait les oreilles plantées dans son crin, pour nous montrer son insastifaction.

Quand on fut de retour à l'écurie, je fut surpris de voir que ma soeur n'était pas là pour me disputer, ou bien encore notre mère pour nous disputer tous les deux.

J'étais allé trop loin.

# Posté le mardi 26 février 2008 19:25

Modifié le mercredi 27 février 2008 19:53