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Cela faisait plusieurs jours que ma mère et ma soeur n'étaient pas venues me voir.

Antoine venait vider mon box, il ne m'accordait pratiquement aucun regard.

S'il y avait quelque chose que je ne supportais pas, c'était bien d'être ignoré. À chaque fois que j'entendais quelqu'un traverser l'allée de l'écurie, je me précipitais devant ma porte et j'essayais d'attirer l'attention. Les gens n'osaient pas me regarder, ils baissaient les yeux sur le sol.

Il n'y avait que Furie qui me regardait. Elle semblait se rallier à ma cause. Quand j'hennissais, elle s'empressait de me répondre. Ce jeu fatiguait bien Antoine et Mistral ne l'appréciait pas plus.

Les jours passèrent, en étant pratiquement les mêmes. Jusqu'à ce que je revois enfin ma mère.

Elle était entrée dans mon box pour me saluer, elle passa un léger coup de brosse en entonnant un petit chant.

Elle n'était pas comme à son habitude. Il y avait un malaise entre nous deux. Puis, je me demandais pourquoi ma soeur n'était pas venue elle aussi.

Une femme que je n'avais jamais vu auparavant vint nous rejoindre cette journée-là. Elle appellait ma mère par son prénom; Émy.

Elle semblait la connaître, sans pour autant être son amie. Elle s'appellait Gabrielle.

Elle était élancée, les cheveux châtain clair et les yeux marrons. Elle esquissa un sourire en me voyant.

"Il est très beau." Déclara t-elle en me caressant les joues.

J'étais content de voir que ma mère amena ma selle et ma bride. Gabrielle me sella puis elle me sortit dehors.

C'était une journée nuageuse, mais j'étais très content d'enfin pouvoir sortir. Furie m'appella, mais je ne préfèrais pas répondre à son appel quand ma mère était là.

Gabrielle m'amena dans le manège puis elle me monta environ une heure.

Elle semblait être contente de moi. J'avais de l'énergie à revendre.

Elle me ramena dans mon box pour me desseller et me bouchonner. Ma mère la regardait agir attentivement.

"Pas de doute qu'il serait bien avec toi..." Dit ma mère à Gabrielle.

J'ai levé ma tête brusquement. Il y avait eu un déclic dans ma tête.

Ma mère songeait-elle à me vendre?

J'ai senti un frisson me traverser le corps entier.

Si c'était vrai, Laura était mon seul espoir. Je ne voulais pas perdre ma mère et ma soeur à la fois.

Mon soupçon se confirma un matin.

Ma soeur était là. Elle avait un truc sur sa jambe droite qui l'empêchait de marcher, ils appellaient ça un plâtre.

Gabrielle me fit avancer vers le van, mais je ne voulais pas y entrer. Je jettais des regards furtifs vers ma soeur..

Elle était assise sur une chaise roulante, les bras croisés contre elle, les yeux emplis d'eau.

Je m'étais mis à lever mes antérieurs pour essayer d'effrayer Gabrielle. Je faisais claquer la laisse en donnant des coups de tête pour essayer de me libérer.

Peu importe que ma mère soit là, je m'en fichais. Je voulais voir ma soeur, je savais qu'elle ne voulait pas me laisser partir.

Le visage de Laura était inondé d'eau, ses épaules tressautaient, elle poussait de petits gémissements.

Ma mère tentait de la rassurer, mais ma soeur répétait toujours la même chose:

"Je serai pas capable maman.. Je t'en suppli, laisse le ici, je te promets que je ne le monterai plus!"

Gabrielle tentait tant bien que mal de me contrôler, mais j'étais dans un état de panique.

Deux heures s'étaient écoulées et je n'étais toujours pas monté dans le van.

Antoine et ma mère tentait d'aider Gabrielle. J'étais fatigué, j'avais l'encolure trempée par ma sueur, mais je ne cédais pas.

J'ai su profiter d'un fraction de seconde pour que Gabrielle échappe ma laisse. Je m'étais alors diriger au triple galop vers Laura.

J'entendis des cris derrière moi, ma soeur avait ses bras contre sa tête, les yeux fermés, craignant le pire.

J'avais freiner brusquement devant elle. J'avais déposé ma tête contre la sienne.

Elle ouvrit les yeux, puis elle serra ma tête contre elle.

"On peut rien faire Automne...Montes dans le van! Je te jures que je vais revenir te chercher, vas y Frèrot!" Murmura t-elle à travers ses sanglots.

Je gardais ma tête plaquer contre elle, les yeux clos. Je respirais rapidement, puis je sentis de la pression sur ma laisse, Antoine tentait de me séparer d'elle. Je me suis éloigné à contre-coeur.

Ces paroles, c'est tout ce dont j'avais besoin. Je savais qu'elle m'avait pardonner, qu'elle savait que je n'avais jamais voulu lui faire de mal. Je savais que ma soeur tenait toujours à son frèrot.

Après deux minutes, j'étais embarqué dans le van.

Je savais que ma soeur ne m'abandonnerait pas.

# Posté le samedi 01 mars 2008 11:43

Modifié le samedi 01 mars 2008 14:55

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Cela faisai deux mois que j'avais changé de maison.

Gabrielle prenait soin de moi, elle faisait tout pour me plaire, mais je ne cherchais pas à créer de lien avec elle.

Je me disais que ma soeur reviendrait bientôt. Je regardais toujours dans tous les coins, espérant l'apercevoir.

L'écurie où j'habitais était bondé de chevaux. Il y avait souvent de jeunes cavalières de la taille de ma soeur qui passaient devant mon box. J'avais toujours un brin d'espoir en les voyant.

Puis, quand l'automne commençait à faire tomber ces premières feuilles, je la vis enfin.

Elle était avec notre mère. Quand je l'aperçu, je me suis mis à hennir de mon plus fort et à cogner dans la porte de mon box.

Les autres cavaliers semblaient surpris de ma réaction. Ils étaient habituer de me voir le regard vide et voilà que je reprennais de la vie.

Laura s'accourue vers moi. Elle n'avait plus son plâtre, j'étais content qu'elle soit enfin rétablit.

Elle se mit à me bécoter les naseaux en me disant que je lui avais manqué.

Tous les regards étaient posés sur nous, mais on s'en fichait. À nos yeux, le monde qui nous entourait n'existait plus. Il n'y avait que nous deux. Un frère et une soeur qui s'étaient enfin retrouvés.

J'étais sûr qu'elle viendrait, une soeur n'abandonne jamais son frère...

"Tu ne croyais tout de même pas que je t'avais oublié?" Me murmura t-elle. Ces grands yeux bleus, il m'avait tant manqué de les voir...

Comme je regrettais la journée où elle s'était fait mal, la journée où je l'avais abandonné... Je m'étais alors juré que plus jamais quelqu'un allait compter plus qu'elle, que plus personne ne se mettrait entre nous deux, coûte que coûte.

"Est-ce que je peux le monter?" Demanda Laura.

Ma mère et Gabrielle se regardèrent hésitantes. Ma mère finit par hocher de la tête et répondre:

"Oui, mais dans le manège seulement!"

Laura me regarda avec un peu de déception. Dans le manège... Ce n'était pas dans nos anciennes habitudes, nous qui aimions tellement galoper dans les clairières, nous qui avions une si grande soif de liberté... Mais c'était mieux que rien du tout.

Ma soeur me sella, me mit la bride, puis elle me conduit dans le manège intérieur.

Plusieurs cavaliers étaient venus nous regarder. Il arrivait souvent qu'ils viennent nous observer dans le manège, mais comme j'étais très distant auparavant, il me trouvait ennuyant. Ils étaient sûrement intéressés de me voir reprendre un peu de vie.

Laura me fit faire des tour de pistes au pas. J'essayais d'être le plus doux possible, espérant que ma mère me pardonne et qu'elle me ramène à la maison.

Elle me monta ans le manège environ une heure. Nous avions marché, trotté et galopé.

Gabrielle semblait surprise que je m'applique à ce point. Avec elle, j'étais toujours désintéressé.

Quand Laura me ramena à mon box, elle avait les mains lourdes, la tête baissée... Je savais qu'elle était triste. Elle savait aussi que je l'étais. Elle me laissa sellé dans mon box, puis elle alla rejoindre sa mère et Gabrielle.

J'avais peine à les entendre discuter à cause du bruit de l'écurie, mais je savais très bien que c'était de moi dont elles parlaient.

Laura revint vers moi, les yeux emplis d'eau.

"Sois sage, je vais revenir cette nuit... On ne peut pas faire autrement." Me souffla t-elle à l'oreille.

Elle m'embrassa le chanfrein, puis elle partit.

Gabrielle alla me voir.

"Tu sembles bien heureux de l'avoir revu, n'est-ce pas?" Me dit elle en chatouillant les naseaux avec ces doigts.

Je ne détestais pas Gabrielle. Elle était bien gentille, mais c'était un obstacle entre Laura et moi.

Je me suis terré dans le fond de mon box, lui pointant mon postérieur.

Elle pouffa de rire, puis elle partit.

J'attendis impatiemment que la nuit tombe.

J'ignorais quels étaient les plans de ma soeur, mais je savais qu'elle ne me laisserait pas.

Elle ne pouvait pas. C'était ma soeur...

# Posté le dimanche 02 mars 2008 21:03

Modifié le mercredi 05 mars 2008 20:43

-5-

Cette nuit-là était fraîche. Laura était venu emmitoufflé dans un gros manteau.

Je pouvais entendre ces pas dans le couloir de l'écurie. Je cognais dans la porte de mon box pour être certain qu'elle me trouve.

Elle arriva devant mon box avec une selle et une bride en main.

"Alors, tu es prêt frèrot?" Me demanda t-elle en esquissant un sourire.

Je lui répondit en frottant mes naseaux contre sa joue.

Les autres chevaux regardaient la scène avec intérêt. Il devait être très rare pour eux de voir une petite fille s'enfuir avec un cheval en pleine nuit.

Ma soeur me sella rapidement, puis elle me sortit de mon box.

Nous sommes sortis discrètement vers l'extérieur. Elle avait un gros sac sur son dos. Il semblait être aussi lourd qu'elle.

Elle mit pied à l'étrier, puis nous sommes partis dans un sentier. La nuit était sombre, mais nous ne craignions rien. Tant qu'on était ensemble, tout allait bien.

On a marché environ une heure avant de s'arrêter près d'un ruisseau.

Elle mit pied à terre et elle m'invita à boire un peu. Elle s'accroupit près de moi, puis elle enfonça son visage dans son chandail.

Le silence était frappant, on n'entendait que le bruit du ruisseau et le vent qui faisait danser les branches. On pouvait voir des petits points brillants éclairer le ciel noir.

Laura avait saisit une branche et elle traçait de petits cercles dans le sol avec. Son regard était porté sur son dessin, mais il semblait bien plus lointain. Malgré la noirceur, je pouvais voir un soupçon d'inquiétude dans ses yeux, qu'elle sembla perdre en prenant un grand respir.

"On va s'enfuir loin, où personne ne pourra nous rejoindre. On traversera des montagnes, des immenses prairies, puis on va se trouver un petit coin de paradis où on va rester. Plus personne ne pourra nous séparer..."

Un craquement de branche retentit.

Laura se releva brusquement. Elle prit mes rênes et elle regardait les boisés avec un peu d'inquiétude.

"Qui est là?" Demanda t-elle en s'apprêtant à déguerpir.

Ces petites mains tremblaient.

Nous étions dressés face à la sombre forêt qui semblait vouloir nous avaler avec ses immenses branches.

La respiration de ma soeur se faisait de plus en plus forte.

"Qui est là?" Répèta t-elle d'un ton plus élevé.

Elle attendit un moment, puis elle poussa un soupir.

"Ce ne devait être que le vent..."

Elle remonta tout de même sur mon dos, elle était inquiète, je le sentais.

Elle sortit un petit bâton de son sac, qu'elle appellait "lampe de poche". Elle s'en servait pour éclairer les coins sombres, pour faire danser les ombres des arbres...

Puis le sentier déboucha dans une prairie clôturée. Elle me fit sauter au-dessus de la clôture, puis nous poursuivions notre chemin.

Les choses se compliquèrent lorsque nous tombèrent sur des créatures que Laura appellaient "vaches".

Elles ne semblaient pas très acceuillantes. Quand elles nous vuent, elles se mirent à beugler et à tapper du pied contre le sol. Comme elles étaient beaucoup, j'étais nerveux.

Je pris plaisir à voir que ces bêtes étaient plus effrayantes que rapides. Il me suffit de faire quelques foulées au galop pour les distancer.

La nuit fut très longue, mais quand le soleil se leva, Laura disait que nous ne devions pas nous arrêter.

Nous passions sur des chemins de terre qui semblaient peu fréquentés. Dès que nous entendions un bruit de moteur, nous allions nous réfugiés dans les brousses.

Nous étions très fatigués. Ma soeur semblait pesante sur mon dos. Mes jambes avaient peine à m'obéir.

On finit par s'arrêter près d'une rivière.

Ma soeur mit pied à terre et elle alla se rincer le visage dans le cours d'eau.

L'endroit semblait désert.

J'étais tellement heureux d'être seul avec elle. Dans un monde qui ne semblait fait que pour nous deux.

Elle avait empli son sac de provisions, mais elle commençait à douter que ça se viderait bien vite.

Nous avons alors repris notre chemin. J'ignorais où nous allions, mais nous étions ensemble et c'est tout ce qui comptait.

Lorsque nous avions à traverser un endroit à la vue d'autres gens, nous attendions. Dès que l'on en avait la chance, on se faufilait à grande vitesse.

Il était facile pour moi de me nourrir, je n'avais qu'à machouiller ce qui se trouvait à mes pieds. Pour elle, c'était moins évident.

On trouva un coin réfugié pour dormir la nuit. Il était assez prêt d'une route pour qu'on entende la circulation, mais assez éloigné pour qu'on ne soit pas aperçu des passants.

Laura sortit une grosse couverture de son sac à dos, puis elle l'étendut contre le sol.

Elle avait prit soin de me déseller, pour que je puisse m'aérer un peu.

Ma soeur s'allongea sur le sol, puis elle ferma les yeux.

Je restais près d'elle, les yeux mi-clos.

"On va le trouver notre petit coin de paradis!" Chuchota t-elle. "Là-bas, ce sera un endroit où il fait bon de vivre, avec ceux qu'on aime. Quand on est au paradis, on ne souhaite qu'une chose; que ça ne termine jamais..."

Sous ses mots, elle poussa un baillement puis elle remit son nez sous sa couverture.

"Il n'y a que toi qui compte à mes yeux... Mais les autres ne le comprennent pas. Ils ne veulent que nous séparer et tu sais pourquoi?"

Elle ouvrit un oeil et elle poussa un petit rire.

"Ils ont peur de ce qu'ils ne comprennent pas. Ils nous envient tous. Ils aimeraient être aussi courageux que nous. Car quand on est ensemble, rien ne peut nous effrayer. Nous sommes libres à présent. On reste ensemble qu'ils le veuillent ou non. Il n'y aura plus personne pour nous séparer. Même pas notre mère..."

Elle eut une petite larme qui lui monta à l'oeil, mais elle s'empressa de la retenir.

Notre mère... Il n'y avait sûrement qu'elle qui aurait pu nous séparer... Nous savions qu'elle nous aimait... Mais elle ne comprennait pas. Ou alors, elle ne voulait pas comprendre...

"Plus personne ne nous séparera, c'est promis." Ajouta t-elle fermement avant de s'endormir.

Le vent frais nous berçait comme une douce mélodie l'aurait fait.

J'étais si bien aux côtés de ma soeur. Je l'aimais plus que tout autre être.

Elle était si jolie, si belle...

Si j'aurais su parler, j'aurais répété ses promesses mot pour mot.

"Rien ne nous séparera petite soeur. Rien, ni personne..."

# Posté le jeudi 06 mars 2008 20:45

Modifié le lundi 10 mars 2008 19:41

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Cela faisait cinq jours que nous étions partis.

Ma soeur était très rusée. Elle avait trouvé un moyen d'avoir de la nourriture.

Elle m'attachait à un arbre et elle allait au village, seule.

Quelques minutes s'écoulaient et elle revenait vers moi en courant.

Puis, elle me dévoilait à chaque fois son nouveau trésor qu'elle avait dissimuler dans son chandail.

Quelques fois, elle avait du pain, des pommes, des petites boîtes à friandises...

Elle me racontait toujours ses exploits.

"J'ai cru que je me ferais prendre! Je pense qu'un petit garçon m'a vu et qu'il a rien dit... J'ai tellement eu peur! Je suis sorti du supermarché comme une flèche!"

Elle me parlait avec le sourire aux lèvres, fière de s'en être sortie indemne.

On continuait toujours à avancer, on longeait bien des villages en y faisant quelques escales pour emplir son sac à dos.

Elle n'eut pas le choix de se laver aussi.

L'eau de la rivière était très froide pour elle en automne.

Elle enlevait tout ces vêtements et elle bondissait dans la rivière en criant que l'eau était glacée.

Ma soeur se lavait avec une barre qui sentait le chimique et elle mettait un produit qui faisait de la mousse dans ces cheveux. Puis elle se dépêchait de se rincer.

Elle revenait s'habiller rapidement et elle allait se réchauffer contre moi.

Plus nous voyagions, plus ma soeur risquait de se faire prendre, comme elle me l'avait expliqué.

Elle disait que son visage était sur des papiers, que beaucoup de personnes parlaient de notre disparition. Son nom, sa taille, son âge était écrit sur un petit bout de papier qu'elle avait ramené.

Elle me le dicta à voix haute.

"Laura Harms, 1mètre 64, 12 ans... Bla bla bla... C'est enfuit avec Automne, un étalon brun de 13 ans... Bla bla bla... Récompense promise à quiconque les retrouvent."

Laura disait que ce n'était pas grave, que les gens finiraient par nous oublier, que notre coin de paradis devait sûrement être près...

Puis, une journée comme les autres, elle faisait la même routine, elle m'attachait à un arbre et elle descendait à pied vers un nouveau village... Cependant, il lui prit beaucoup plus de temps qu'à l'habitude.

Au bout d'une demie heure, je la revis enfin. Elle revenait vers moi en courant.

J'eut été surpris de voir qu'il y avait des gens derrière elle.

Deux grandes personnes.

J'eut bien vite compris que ma soeur était en situation de danger.

Je la voyais courir tant bien que mal dans le champs qui me séparait d'elle. Ma soeur sautait par-dessus les clotûres, elle tombait, mais elle se relevait rapidement.

Puis, les autres la suivaient de près. Ils couraient très vite.

Brusquement, l'un d'entre eux l'agrippa par le bras et elle tomba contre le sol.

Mon coeur cessa de battre durant une fraction de secondes.

Je regardais la scène, horrifié. Ma soeur se débattait tant bien que mal, mais le gars était bien trop grand pour elle, il semblait fort et il était sûrement moins fatigué qu'elle.

L'autre homme alla rejoindre son acolyte pour l'aider à maîtriser ma soeur.

Celle-ci se débattait comme un cheval sauvage l'aurait fait.

Ils étaient parvenu à la plaquer contre le sol.

J'étais paralysé. Pétrifié.

Ma soeur se releva d'un bond et elle regarda dans ma direction.

"Automne!" Hurla t-elle de toutes ces forces.

Sa voix perçante venut faire de l'écho jusque dans la montagne. Son cris venut réanimer mon âme.

Je me suis mis à tirer sur ma laisse, en tentant de me libérer.

Le noeud qu'elle avait fait céda d'un coup. J'avais eu de la chance qu'elle l'eut attacher lâchement.

J'ai bondit par dessus les clotûres, fonçant vers eux au triple galop.

Ma soeur continuait de crier mon nom, j'allais de plus en plus vite, mes sabots faisaient vibrer le sol sous mes foulées. Mes naseaux s'ouvraient bien grand, pour que j'avale tout l'air qui me gonflait de force.

Quand j'eut arriver près d'eux, ma soeur se débattait encore plus.

L'un d'entre eux m'ordonna de m'arrêter, ce que j'eut fait.

Il en avait un qui semblait jeune, il avait un manteau vert forêt. L'autre semblait être son père. Il n'était pas habillé chaudement, il n'avait qu'un t-shirt ample.

Le jeune homme tenait ma soeur contre lui, l'emprisonnant dans ces bras.

Le père s'avança doucement vers moi, il tendait sa main sur mes rênes...

Ma soeur poussa un cris.

"Ne le laisse pas te prendre!" M'ordonna t-elle.

J'eut promptement reculé d'un bond.

"Laissons le." Déclara le vieil homme. "Il ne pourra pas aller bien loin, puis c'est la petite fille qui compte!"

Je regardais ma soeur. Ces yeux étaient mouillés, ses joues rougies. Elle respirait très fort, en tentant de se débarrasser de l'emprise que le jeune homme avait sur elle.

Il avait un bras contre sa poitrine et l'autre contre son ventre.

"Lâche moi!" Hurla ma soeur.

Elle se mit à lui donner des coups de coudes dans les côtes. Puis elle se pencha pour mordre sa main d'un coup de gueule évident.

Celui-ci lâcha prise.

Je me suis aussitôt précipité sur ma soeur.

Les deux hommes tentèrent de s'approcher d'elle, mais je les menaçais en me levant sur mes postérieurs.

Je renaclais très fort, défiant quiconque de la toucher.

Ma soeur bondit sur mon dos, puis nous sommes repartis en galopant, laissant les deux hommes bredouilles.

Laura se penchait contre mon encolure, je sentais ses larmes qui coulaient contre ma robe, ses mains qui faisaient tremblotter les rênes.

"Je t'aime frèrot..." Glissa t-elle à mon oreille.

Nous avons continuer à galoper jusqu'à notre campement. Ma soeur se dépêcha de rassembler ses choses dans son sac, puis nous sommes repartis.

8 jours s'étaient écoulés depuis qu'elle était venut me chercher chez Gabrielle.

Seulement 8 petites journées et notre rêve ne tenait plus qu'à un fil.

# Posté le mardi 11 mars 2008 21:29

Modifié le mercredi 12 mars 2008 12:06

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Nous étions tous les deux exténués par la fatigue.

Nous ne nous approchions plus des villages. C'était trop risqué, m'avait expliqué ma soeur.

"Dans les montagnes, ils auront beaucoup plus de mal à nous suivre." M'avait t-elle déclaré.

Nous entendions souvent des bruit de VTT.

Ma robe brune nous aidait à nous camoufler dans le paysage d'Automne.

Ma soeur disait que c'était notre saison, qu'ils n'avaient pas de chances contre nous...

Cependant, un orage nous fit obstacle. Nous essayions de continuer d'avancer sous la pluie, mais il faisait froid et la terre était bouetteuse.

Nous trouvions refuge dans un camp de chasse.

Ma soeur avait casser une vitre pour parvenir à y entrer. Elle alla dévérouiller la porte de l'intérieur pour me faire entrer.

L'endroit était sombre et j'y étais à l'étroit, mais j'étais trop heureux d'être à l'abris pour répliquer.

Elle m'enleva ma selle, ma bride, mes tapis... Elle les mit près d'une grosse boîte noire.

Elle y mit du bois de chauffage et elle parvenut à faire un feu à l'intérieur de cette intriguante boîte.

Laura appellait ça "un poêle à bois".

Je fut content de voir que cela dégageait de la chaleur.

Ma soeur se dévêtit et elle mit son linge près de mes tapis, pour qu'il sèche lui aussi.

"On risque de se faire prendre..." S'inquiéta t-elle. "Ils vont voir qu'il y a de la fumée qui sort de la cheminée."

Malgré tout, nous restions là. Elle et moi étions fatigués, alors un peu de chaleur nous suffisait pour se sentir à la maison.

Il y avait un lit dans le coin de la cabane. Ma soeur y prit une couverture, qu'elle posa sur mon dos.

Puis, elle alla s'étendre dans le lit. Ce fut l'une des rares fois où elle parvenut à dormir sans problèmes.

La nuit tomba rapidement. Je pouvais voir par la fenêtre des éclats de lumière au-dessus des arbres.

Le ciel grondait très fort. Je n'avais jamais aimé les orages, mais je parvenu tout de même à m'endormir.

La pluie cessa très tôt le matin. Ma soeur se réveilla en toussant.

Elle n'allait pas très bien et c'était évident. Son teint avait pâlit, ces yeux étaient cernés, sa voix était faible...

Laura était très brave. Elle était épuisée par la fatigue et la faim.

Quand elle voulut me seller, elle ne parvenut pas à lever la selle d'où elle était.

Ces bras tremblaient lorsqu'elle tentait de la lever.

Elle s'assit contre le mur, elle enfouit son visage contre ses mains et elle poussa un grognement.

Laura resta dans cette position durant quelques minutes, puis elle se releva.

"On va continuer à cru." Trancha t-elle.

Elle me mit ma bride, puis elle me sortit à l'extérieur.

Elle retourna dans la cabane pour se vêtir et elle fouilla dans les tiroirs pour emplir son sac.

Laura venut me rejoindre en courant.

"Des biscuits!" Se réjouit-elle. "J'ai trouvé une boîte de biscuits!"

Son visage avait retrouvé une lueur de joie. Elle ouvrit la petite boîte et elle savoura les biscuits.

Quant à moi, j'essayais de trouver quelque chose à mâchouiller.

Elle finit par ranger la boîte dans son sac à dos, puis elle monta sur mon dos.

Nous aurions pu aller dans les sentiers de VTT. Cela aurait été plus facile, mais beaucoup plus risqué.

De plus, ma soeur disait que le sol était encore humide et qu'on y laisserait trop d'empruntes.

Nous étions tous les deux assoiffés. Alors, quand on vut une mare, nous sommes allés nous y abreuver.

Ma soeur disait que l'eau était dégueulasse, mais elle avait trop soif pour s'abstenir de boire.

Quand nous avions repris notre chemin, ma soeur bondit en bas de mon dos et elle alla s'accroupir contre un arbre.

Elle vomissait.

Ma soeur n'était pas habitué à boire ce genre d'eau, mais pour moi il n'y avait aucune différence.

Elle revenut sur mon dos. Je sentais qu'elle faiblissait et je n'aimais pas ça.

On décida alors de couper dans les sentiers, pour raccourcir notre trajet.

À notre grande surprise, nous n'avions pas tomber sur un VTT, mais sur un cavalier sur sa monture.

Quand ils nous vuent, la seule chose qu'il arriva à dire c'est:

"Oh mon dieu!"

Il descendu de sa monture. C'était un gars de l'âge de ma soeur.

Quand il voulut s'approcher, je me suis mit à m'énerver.

À ma grande surprise, le jeune homme n'insista pas.

Il recula.

"Es-tu correct?" Lui demanda t-elle.

Ma soeur se redressa fièrement sur mon dos.

"Oui, tout va bien." Grogna t-elle. "Si t'as l'intention de me séparer de lui, je t'avertis, tu perds ton temps!"

Celui-ci esquissa un sourire.

"Je m'appelle Bastien. Toi, t'es sûrement Laura?"

Ma soeur ne répondu pas.

Celui-ci retourna vers son cheval et il sortit quelque chose de son sac.

C'était une pomme.

Il s'avança vers moi.

Quand il vut que je ne voulais pas qu'il s'approche, il lança la pomme à ma soeur.

Celle-ci fut très surprise.

"Pourquoi tu me donnes une pomme?" Demanda t-elle.

"Tu dois avoir faim non..?"

Et il avait raison. Ma soeur engloutit le fruit en quelques bouchées.

"As-tu de l'eau?" Demanda t-elle avec un peu de gêne.

Il retourna vers son sac et il lui lança une bouteille d'eau.

"T'as de la chance, les gens ne cherchent pas ici, ils croient que tu serais près du village voisin." L'informa t-elle.

"Mais tu vas me dénoncer et je n'aurai pas le choix d'aller ailleurs." Conclu t-elle après avoir bu toute la bouteille d'eau.

"Je pourrais faire ça." A t-il dit. "Mais je ne le ferai pas."

"Penses-tu vraiment que je te crois?" Gromella ma soeur.

"Ok. Tu n'as qu'à pas me croire." Déclara t-il. "Mais je vais aller te chercher quelque chose à manger."

"Et tu vas en profiter pour aller me dénoncer!" S'emporta Laura.

"Si tu me crois pas, tu n'as qu'à venir avec moi!" Dit-il d'un ton arroguant.

"Tout le monde va me reconnaître, et puis, de toute façon, je ne te fais pas confiance!"

"Bon, Ok. Je te demandes une chance. Si je ne reviens pas dans 15 minutes, tu n'auras qu'à t-en aller. Je veux juste t'aider!" Déclara t-il.

Ma soeur semblait hésiter. Normalement, elle ne l'aurait pas laissé nous approcher, mais elle n'était pas en état de s'énerver contre lui. De plus, il y avait de la nourriture en jeu...

"15 minutes. Pas plus. Si tu me trahis, je t'avertis, je vais me souvenir de ton nom!"

Celui-ci pouffa de rire.

"Bon, ok. Je me dépêche!"

Il alla rejoindre sa monture. C'était un hongre gris. Il semblait vieux, mais quand Bastien lui demanda de galoper, celui-ci obéit sans broncher.

Quand il fut hors de notre vue, ma soeur commença à s'inquiéter sérieusement.

"On aurait pas dut lui parler." Gloussa t-elle. " Je suis vraiment idiote!" Grogna t-elle. " Je suis désolée frèrot, si notre rêve se brise, se sera par ma faute..."

Je la sentais trembler. Ces cuisses vibraient sur mon dos, ces mains faisaient sautiller mes rênes.

Puis, plus rien. Elle s'écroulla contre mon encolure.

Je ne bougeais pas.

Que ce passait-il?

Je sentais son souffle contre mon pelage, mais il semblait faible.

Quand je vus Bastien revenir avec son vieu cheval, je me suis précipité vers eux.

Celui-ci descendit de sa monture et il se précita vers nous.

J'étais contre le fait qu'il s'approche de ma soeur, mais il savait sûrement plus que moi comment l'aider.

"Doucement mon beau." Me souffla t-il en tirant ma soeur en bas de mon dos.

Il la déposa tranquillement contre le sol.

Je l'entendais murmurré, il disait:

"Merde, si elle est morte...!"

Il alla lui arroser le visage avec une bouteille d'eau.

Laura ouvrit les yeux. Puis elle tenta de se rasseoir. Elle s'écroula encore contre le sol.

"Qu'est-ce qui se passe?" Demanda t-elle.

"Calme toi, tu trembles!" Répondit Bastien en l'aidant à s'asseoir. "Là, tu restes ici, tu ne bouges pas!"

Il amena son sac à dos près d'elle.

Il lui tendit une gourde d'eau.

"Bois!" Lui ordonna t-il.

Il sortit des morceaux de pains de son sac, des pommes, un morceau de viande grillée qu'il avait enrobé dans du plastique...

Il resta assis près de ma soeur, durant tout le temps que celle-ci mangeait.

Elle toussait un peu, mais elle semblait déjà reprendre un peu de couleur.

Bastien tendit sa main sur le haut de son visage.

"Ton front est brûlant!" S'étonna t-il.

Celle-ci ne répondu pas, elle se contenta de lui donner sa main droite.

"Et tes mains sont glacées!" Conclut-il en fronçant les sourcils.

Laura haussa les épaules, pour montrer son indifférence.

"Tu es brave pour une fille de douze ans...." Déclara t-il.

"T'as quel âge toi?" Lui demanda t-elle.

"J'ai eu 14 ans aujourd'hui..." Répondit-il. "Et mes parents sont même pas fichus d'être là!"

"C'est moche..." Souffla ma soeur.

"Ils travaillent tout le temps!" Conclut rapidemend le jeune homme. "Tu pourrais venir chez nous... On pourrait mettre ton cheval dans l'écurie, il aurait bien besoin de mangé un peu..." Dit-il en me regardant.

"Pourquoi tu m'aides?" Demanda ma soeur.

"Faut bien que quelqu'un le fasse... Et puis... Si je pourrais m'enfuir, je le ferais moi aussi."

Ma soeur esquissa un sourire.

"C'est vrai qu'il aurait bien besoin d'un peu de foin.." Murmurra t-elle en me jetant un regard chaleureux.

Ma soeur arrivait à lui faire confiance?

# Posté le samedi 15 mars 2008 12:09

Modifié le samedi 15 mars 2008 13:04