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J'étais née à un endroit où seul les sabots des chevaux laissaient des empreintes. Là, où les hommes n'étaient que rumeurs ou bien mauvais rêves pour nous tous.

Nous étions tous unis les uns aux autres. Mon clan était petit, nous étions composés de 13 juments et d'un étalon qui nous assurait la protection.

Dès ma naissance, je dus apprendre à vivre tels les mustangs l'avaient toujours fait.

Mustangs, c'est ainsi que les hommes nous appelaient. Certains d'entre eux prononçaient notre nom avec haine et dégoût, tandis que d'autres le faisaient avec admiration.

Notre monde était vaste et il semblait sans limites. Notre endroit était un véritable paradis de verdure, surmonté par les montagnes qui étaient prônées par le soleil.

Il y avait d'autres clans formés par nos semblables, cependant, ils n'étaient pas dirigés par le même étalon que le notre.

Le notre était fort et c'était pour ça qu'il était notre chef. Il était de la même couleur que les rochers près des chutes, une couleur sombre, grise ferreuse. Ses crins étaient noirs, ainsi que ses jambes. Dans ses yeux, on pouvait y voir la force, la fierté, la noblesse... Il avait tout d'un chef. C'était mon père.

Quant à ma mère, elle me ressemblait beaucoup, cependant, j'étais encore plus rapide qu'elle. Lorsque nous galopions tout notre clan ensemble, nous étions toutes les deux en tête, mais j'avais toujours une légère avance sur elle.

J'avais vécu quatre saisons avec mon clan, avant qu'ils ne me prennent.

Eux, les humains.

Ils avaient aussi faillit attrapper deux autres de mes semblables.

Ils étaient apparus à l'horizon, ils étaient huit. Nous n'avions pas tout de suite réagit à leur intrusion, puisqu'ils étaient perchés sur le dos de quelques uns de nos semblables.

Nous avions seulement commencer à nous enfuir quand nous avions vus qu'ils se dirigeaient vers nous au grand galop.

J'étais très rapide, je n'avais pas peur pour ma peau.

Je me demandais tout de même pourquoi les chevaux qui étaient sous leurs selles étaient de leur côté. Ils nous ressemblaient un peu physiquement, mais nous, les mustangs, nous ne nous serions jamais rabaissé à leur niveau.

Notre clan était en fuite. Ma mère et moi étions en tête, suivis de près par mon père et les autres. Nos foulées faisaient vibrer le sol. Notre sang de mustang nous interdisait de les laisser s'approcher davantage.

Cependant, nous avions deux vieilles juments dans notre clan. Elles étaient rapides, mais pas autant que les montures des humains. Mes deux amies étaient derrière nous. Plus nous avancions, plus elles avaient peine à nous suivre.

C'est alors que les humains lancèrent leurs lasso au-dessus de leurs têtes.

Elles étaient capturés.

Je me suis arrêté promptement pour observer. Les autres de mon clan continuaient de galoper.

J'entendais le cris des hommes qui semblaient savourer leur victoire devant mes amies effrayés.

Les deux juments mustang poussèrent des cris de désespoir. Elles se débattaient vigoureusement, mais dès qu'elles levaient une jambe, les cowboys l'attrapaient avec leur lasso, pour qu'elles perdent pied et s'effondrent contre le sol.

Elles tentaient de se relever, mais elles en étaient incapables.

Les autres membres de mon clan s'arrêtèrent et ils firent comme moi, observer.

Quand mes amies arrivèrent à se relever, les hommes et leurs montures tentaient de les traîner derrière eux.

J'avais l'impression de vivre un mauvais rêve. Je ne savais pas comment réagir. Pour la plupart des mustangs, le réflexe aurait était d'abandonner nos semblables pour sauver notre propre peau, mais je n'arrivais pas à repartir, à les abandonner. Cependant, si j'allais les secourir, il y avait de fortes chances que je me fasses capturer moi aussi.

C'est alors que je vis une masse grise me frôler pour foncer sur les humains.

C'était mon père.

Il se dirigeait tout droit vers eux. Mon troupeau se mit à paniquer.

Comment pouvait-il faire ça?

S'il se faisait capturer, c'était tout notre clan qui était en perte!

Je vis alors ma mère partir au galop vers lui, j'ai donc décidé de faire pareil.

J'étais plus rapide qu'eux, alors je les avais dépassés sans aucune gêne.

Quand nous étions arrivés près de les dangeureux humains, ils se mirent à s'hurler des mots, puis à faire brandir leur lassos au-dessus de leur tête.

"Prenez la pouliche, c'est la plus belle!" Lança l'un d'entre eux. "Lâcher les autres! Ils ne valent rien à côté d'elle!"

C'est alors que tous leurs regards se posèrent sur moi. Je vis mes amies s'éloigner des hommes au grand galop, avec encore un lasso autour de l'encolure. Ma mère, mon père et moi avions alors décollés au galop.

Par contre, je n'eut pas le temps de complèter une foulée que j'eut constaté avec horreur qu'un lasso c'était glissé dans mon encolure.

En peu de temps, je m'étais retrouvé dans la même situation auquelles les deux vieilles juments s'étaient exposées.

Ils étaient parvenus à me plaquer contre le sol.

Je criais, du plus fort que je pouvais. Je regardais les montures des hommes, je les suppliais de m'aider, mais celles-ci n'osaient même pas me regarder dans les yeux.

Je voyais mes semblables qui m'observaient au loin.

J'aurais aimé qu'ils viennent me secourir, mais mon père avait bien compris qu'il l'avait échappé belle et il n'était pas prêt à reprendre ce risque.

Je les vis disparaître à l'horizon au galop. Ma mère, pour l'une des rares fois de sa vie, n'était pas en tête de cette course, mais elle était dernière.

Elle s'était arrêté un instant, pour se retourner vers moi.

J'eut pousser un hennissement de désespoir puis elle eut aussitôt répondut avant de disparaître avec les autres.

Pour la première fois, j'étais à la merci des hommes.

# Posté le lundi 05 mai 2008 21:01

Modifié le mercredi 07 mai 2008 20:03

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On m'avait embarqué dans un van, une espèce de grosse cage de métal.

Ils avaient dut beaucoup insister, car j'étais très effrayée.

Dès que mes quatres membres furent à l'intérieur du van, il refermèrent les portes pour me plonger dans la pénombre.

Je paniquais. Je n'avais aucun point de repère dans cette boite métallique. Je faisais frapper mes sabots contre les paroies, en espérant que cela suffirait à me délivrer.

Puis, je perdus pied. J'avais l'impression que le sol bougeait sous le plancher. C'était une sensation étrange, que je n'avais jamais ressentie auparavant. Je parvint tout de même à me relever et à camper mes sabots pour garder mon équilibre.

C'était la confusion totale dans ma tête. J'avais chaud, la peur pétrifiait tout mes membres.

Je sentais la sueur de mon encolure glisser jusqu'à mon poitrail, je n'avais jamais eu aussi chaud.

Puis, il n'y avait pas de vent dans cette boîte. Je me sentais étouffée, je respirais de plus en plus fort, je poussais quelques petits hennissements inquiets.

Pourquoi les hommes étaient-ils aussi méchants avec nous, les mustangs?

Pourquoi me faisait-il subir ce calvaire?

Peu à peu, ma respiration ralentit, j'essayais de me calmer.

Je sentais une telle haine bouillir en moi. Je les détestais, tous, sans aucune exception.

J'ignorais combien de temps j'avais passé dans cette boîte de métal, mais je fut soulager de sentir que le sol ne bougeait plus sous mes pieds. J'entendis des bruits de pas à l'extérieur du van qui s'approchait de l'endroit par où j'étais entrée.

Les portes s'ouvrirent grandement, laissant réapparaître le ciel à nouveau.

Je me suis dépêché de bondir en bas de cette cage de métal.

Je me suis alors mis à courir tous sens, tous côtés.

J'ignorais pourquoi, mais il y avait des bouts de bois qui étaient tous unis de façon à m'emprisonner.

Je me trouvais dans un corral.

C'était un endroit très petit, comparé à ce que j'avais connu.

Je longeais les clotûres au galop, tentant d'essayé de trouver une fente par laquelle je pourrais m'enfuir.

Des hommes s'étaient alors perchés sur la clotûre, ils me regardaient avec leurs grands yeux ronds.

Certains d'entres eux murmurraient des mots que je n'arrivais pas à entendre, tandis que d'autres clamaient haut et fort leur pensées.

J'avais galoper dans mon petit enclos toute la journée, sans jamais m'arrêter très longtemps.

Quand le soleil commença à se coucher, les hommes se lassèrent de mon petit jeu et ils me laissèrent seule dans cet enclos.

Il me prit beaucoup de temps à comprendre que je devais boire dans une chaudière; j'étais habituée de boire dans les cours d'eau. Ce ne fut que dans l'après midi suivant la journée de ma capture que j'avais enfin rassasié ma soif.

Cette journée-là, un cowboy tentait de s'approcher de moi.

Il était entré doucement dans mon enclos, avec un lasso à la main. Dès qu'il eut mit le pied dans le corral, je m'étais mise à galoper à grande foulée en suivant les côtés de la clotûre.

Il marchait tranquillement derrière moi, patient. Je ne le quittais pas des yeux. À un point tel qu'un autre cowboy était entré dans le corral sans que je ne l'aperçoive.

Celui-ci me captura avec son lasso. Je m'étais alors mis à me cabrer, à leur crier ma rage pour leur prouver ma force.

Le lasso se serrait de plus en plus autour de mon encolure, mais je ne cédais pas. Je pouvais le sentir se frotter sur mon pelage.

J'ignorais ce qu'ils voulaient de moi, mais une chose était sûre dans ma tête, ils ne l'obtiendraient pas facilement.

Je m'étais alors mise à traîner le cowboy qui tentait de me retenir avec son lasso.

Celui-ci avait les deux pieds plantés au sol, mais j'étais très forte, même si cette corde m'étranglait, il n'arrivait pas à me maintenir en place.

Alors le second cowboy alla aider le premier, il s'empara du lasso lui aussi. Ils avaient tout les deux les mains sur la corde, tentant de m'épuiser avec leur poid.

J'étais parvenue à les tirer sur quelques mètres, mais je dut bientôt m'arrêter, car le lasso avait si rigoureusement frotté sur mon encolure, qu'il m'avait fait une brûlure au sang.

J'étais également très stressée. Le contact des hommes me dégoutaient au plus haut point et j'étais affamée. La nuit avait été longue et je n'étais parvenue à fermer l'oeil. La fatigue m'alourdissait, mais je refusais d'abandonner. J'étais une mustang.

L'un des cowboys s'approcha de moi d'un pas méfiant. Il avait une espèce de petite corde à la main, au bout de celle-ci il y avait une étiquette avec des symboles. J'étais intriguée.

"Pourquoi doit on lui mettre ce colier? Demanda le jeune cowboy qui se tenait à distance de l'autre."

Celui qui était près de moi lui fit signe du doigt de se taire.

Je me suis alors mit à sauter, pour tenter de l'effrayer. Le plus jeune tenait toujours le lasso, en essayant de m'empêcher de trop bouger.

En une fraction de secondes, le plus agé attacha la petite cordelette autour de mon encolure et il me libéra du lasso.

Dès que je sentis que je n'étais plus sous leur emprise, je m'étais éloigné au grand galop à l'autre bout du corral, en ruant dans le vide, en continuant de bondir dans tous les sens.

Les deux cowboys s'appuyèrent sur le bord de la clotûre pour m'observer.

"Le bureau de gestion des terres nous obligent à donner un numéro à chaque mustang, déclara le plus grand. Habituellement, on attend que le cheval soit moins effrayé avant de lui mettre, mais ils m'ont téléphoné ce matin pour me dire qu'ils allaient en amener un autre aujourd'hui."

"Et vous leur mettez des numéros pour éviter qu'on les mêle, compléta le plus jeune."

"Oui, on préfère ça à la méthode du marquage au fer..."

Ils continuèrent de discuter un moment, puis ils repartir chacun de leur côté.

Je regardais avec désespoir la cime des montagnes, en espérant voir l'un des miens.

Je soupçonnais la présence d'autres chevaux près de moi, mais j'étais certaine qu'ils n'étaient pas des mustangs, plutôt des traîtres, comme ceux qui avaient aider à ma capture.

Ceux-ci n'avaient pas d'âmes, du moins, pas la même sorte que la mienne. Ils semblaient être programmer à obéir aux hommes quoique ceux-ci leur demande de faire.

J'espérais tout de même réussir à m'enfuir. Je restais sur mes gardes, patiente. J'allais attendre le moment propice pour tenter ma fuite.

Il fallait que je rejoigne les miens.

# Posté le jeudi 08 mai 2008 17:04

Modifié le lundi 19 mai 2008 15:20

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Les cowboys m'avaient laissé seule dans un corral, mais voilà qu'ils avaient décidé de me transférer d'endroit.

Ce n'était pas les mêmes que l'autrefois, à vrai dire, j'avais du mal à revoir des visages familiers.

Ils durent se mettre trois sur mon cas. Je refusais de coopérer. Ils essayaient de me capturer avec leurs lassos, je croyais qu'ils ne m'auraient jamais, mais je m'étais trompée.

Quand j'eut le lasso autour de l'encolure, ils ouvrirent la barrière du corral. Je m'étais alors brusquement jetée au galop par l'ouverture, trainant ainsi celui qui me tenait derrière moi.

D'autres hommes allèrent l'aider à me retenir.

Ils avaient beau être le nombre qu'ils voulaient autour de moi, je ne voyais qu'une chose; l'horizon.

Je levais fougueusement mes antérieurs, me projetant ainsi vers l'avant. Je poussais des cris de détresse, en espérant recevoir une réponse venant de l'horizon.

Rien n'aurait pu m'arrêter, rien sauf mes semblables.

Je me suis stoppé nettement quand j'entendu un cris.

J'ai alors relevé la tête, puis j'aperçu un mustang qui se trouvait dans la même situation que moi.

Je ne l'avais jamais vu auparavant. C'était un jeune étalon blanc, il semblait effrayé, mais, tout comme moi, il n'en laissait rien parraître auprès des humains.

L'étalon jeta un coup d'oeil furtif vers moi, avant d'être entraîné dans une batîsse.

J'ignorais ce que je devais faire, ce qui était mieux pour moi, mais j'eut quand même décidé d'aller le rejoindre. Curieusement, les hommes ne s'opposèrent aucunement à ma volonté.

Quand j'eut franchit le seuil de la porte, je revis alors l'étalon, mais aussi bien d'autres mustangs tous plus effrayés les uns que les autres. La plupart avait une robe s'approchant de la couleur du coucher de soleil.

Nous étions 15 mustangs dans cette petite batîsse. Il y avait des hommes qui nous regardaient. Ils étaient en assis sur des sièges, bien confortablement, en dehors de l'enclos où nous étions.

Un rayon aveuglant s'alluma au-dessus de nos têtes.

On pouvait entendre le claquement des sabots de chevaux, les murmures des hommes, le renaclement des mustangs paniqués, l'ambiance était malsaine.

Quant à moi, j'eut décidé de me rangé du côté de celui qui semblait le plus courageux; le jeune étalon blanc.

Il avait la tête levé fièrement, il hennissait très fort pour être sûr que les hommes l'entendent bien.

Une voix venu étouffé tous les bruits.

Elle provenait d'un appareil accroché très haut sur le mur. C'était un amplificateur. Il répétait les mêmes paroles d'un homme, mais il les amplifait.

"Bonjour et bienvenue à cet encan!" Rugit le gros appareil.

Tous les hommes portèrent leur attention sur l'amplificateur.

"Comme vous le savez tous, cet encan possède un but précis; placer les mustangs dans de bons endroits. Nous sommes très prudents cette année, c'est d'ailleurs pour ça qu'un suivit va être fait sur chaque cheval adopté. L'homme qui fera la meilleure offre sur un cheval obtiendra sa garde."

Les hommes se mirent alors à murmurer à nouveau. On pouvait voir des sourires se dessiner sur leur visage, ils semblaient empreints d'une certaine excitation.

"Commençons par le numéro 10874, un jeune poulain qui doit avoir environ 3 ans, il est brun chocolat avec une étoile comme marque en tête. Les enchères débutent à 125$, qui est prêt à offrir?"

Un homme leva sa main dans les airs.

"Qui dit 175$?"

Aucun homme ne leva la main.

"Adjuger à 125$ pour le cowboy au chapeau rouge!" Grogna la grosse voix de l'amplificateur.

"Continuons avec le numéro 18302..."

Le silence des mustangs était frappant. Même l'étalon blanc ne se manifestait plus. Je les regardais tous, les uns après les autres.

On pouvait lire dans leur yeux une âme souillée par la main des hommes, mais on pouvait encore y voir la liberté que tous les mustangs avaient au fond d'eux-mêmes.

J'aurais pu m'isoler dans un coin, baisser la tête et attendre. J'aurais pu, mais je ne voulais pas.

J'ai alors pousser un cris, un hennissement aigü, qui alla percer le silence des mustangs, en allant même étouffer la voix de l'amplificateur.

Les hommes ne semblèrent pas me prêter attention, mais les mustangs avaient tous posés leurs regards sur moi.

Pour le peu d'espace que je possèdais, j'eut décidé de courir, de tenter de défoncé tout ce qui était à ma portée.

"Numéro 18037, la jeune pouliche "buckskin*" de quatre ou cinq ans que voici. Elle ne possède aucune marque en tête. Qui offre 125$?"

Tous les regards des hommes se posèrent sur moi.

Cinq d'entre eux levèrent la main.

"J'en offre 500$, s'enquit un vieux cowboy."

"J'en offre 1000$, rugit une voix plus loin."

Tous les hommes cherchèrent d'où venait cette voix. Un jeune homme leva la main pour se désigner.

J'avais déjà vu ce visage. C'était le jeune cowboy qui avait participé lors de la mise de mon colier.

"1000$? Mais tu es sonné ou quoi? Ricana son voisin."

"Qui dit mieux?" Lança l'amplificateur.

Aucun homme ne se déclara.

"Adjugé au jeune avec la petite barbe!"

Le jeune s'était approché à la clôture qui séparait les mustangs des humains.

Il me regardait, silencieux.

Sous son chapeau se cachait des yeux clairs ainsi qu'un sourire.

Ces yeux semblaient vouloir lire dans les miens, ils ne me quittaient jamais.

J'eut ressentis un frisson avant de lui faire dos.

Qu'allait-il m'arriver?

# Posté le lundi 19 mai 2008 15:26

Modifié le mercredi 21 mai 2008 12:00

<4>

L'homme qui m'avait acheté se nommait Antoine.

Il ne venait pas d'ici, mais de très loin.

Il était venu dans notre région pour une raison bien spéciale; s'approprier un Mustang.

On m'avait encore mit dans cette satanée cage métallique et cette fois-ci, le voyage dura encore plus longtemps.

Je détestais cette impression de ne plus m'appartenir, d'être sous la gouverne d'un homme.

Antoine ne m'avait jamais frappée parcontre.

Durant le voyage, il m'avait débarqué plusieurs fois du van pour que je puisses m'aérer un peu.

J'étais très inquiète. À chaque fois que nous faisions des arrêts et que je débarquais du van, je constatais que je n'avais plus aucun point de repère.

Les montagnes, les prairies, tout ce que j'avais connu depuis ma naissance n'était plus là.

Chaque embarquement dans le van était une bataille entre ma volonté et celle d'Antoine. Comme j'étais très têtue, il lui prenait beaucoup de temps à me convaincre. Cependant, plus je descendais et rembarquais dans le van, moins cette boîte me terrifiait.

Le voyage se termina après trois jours de route.

À mon débarquement, je fut rassurer d'entendre un son qui m'était familier; des hennissements.

Trois chevaux étaient dans un enclos, ils étaient tous enlignés sur le bord de la clotûre pour me souhaiter la bienvenue.

Je ne bougeais pas, j'observais tout autour de moi.

Il y avait une grosse batîsse que les humains appelaient écurie à côté de l'enclos des trois chevaux.

L'un d'entre eux se mit à galoper et à hennir fièrement dans l'enclos.

Je m'étais alors mit à hennir et à sautiller pour répondre à ses appels.

Antoine m'entraîna dans un petit enclos pour que je puisse me dégoudir.

Dès qu'il m'eut relâcher, je m'étais mis à galoper dans tous les sens et à ruer dans le vide.

Quelque humains étaient venus assister au spectacle.

Ils se lassèrent bientôt tous de mon petit jeu et ils s'en allèrent.

J'étais seule dans mon enclos, mais je pouvais voir les trois autres chevaux dans l'autre enclos.

Je croyais que tous les humains étaient partis, mais je fus surprise quand je vus quelque cose bouger dans le coin de mon enclos.

C'était un petit humain.

"Viens petite!" Murmurra la petite chose qui s'avançait fièrement vers moi.

Ce petit humain semblait sûr de lui, même trop à mon avis.

Il avait des traits plus doux que les autres humains, c'était une jeune fille.

Comme je ne voulais pas qu'elle s'approche de moi, je m'étais mise à renacler et à me dandiner sur place.

Elle continuait d'avancer vers moi.

Voyant qu'elle n'avat pas compris le message, j'eut décidé d'être un peu plus clair. Je me suis précipité vers elle au grand galop.

Elle figea sur place, visiblement surprise de ma réaction.

Je me suis stopper devant elle, la menaçant d'un coup d'antérieur.

Elle prit ses jambes à son cou et elle quitta mon enclos en se lançant sous la clotûre.

J'étais très heureuse d'être parvenue à l'effrayer, alors, dès qu'elle se releva de l'autre côté de la clotûre, je m'étais dépêchée de continuer mon jeu.

"Espèce de folle! Gronda t-elle en déguerpissant vers l'autre enclos."

Les trois chevaux de l'autre enclos me regardaient avec un air d'incompréhension. Tous, sauf un. Celui-ci semblait m'admirer.

J'eut penser un moment qu'il était comme moi, mais j'eut très vite changer d'idée quand je vus la jeune fille se jeter à son encolure.

"Elle est troublée dans la tête celle-là! Lui confia t-elle. Automne, j'ai eut si peur!"

Le jeune étalon ne me lâchait pas des yeux, tandis que la petite humaine s'aggrippait à sa crinière.

Antoine revint me voir un peu avant le couché du soleil. Il m'apporta quelques galettes de foins ainsi qu'un sceau empli d'eau.

Deux autres humains restaient en dehors de l'enclos, ils m'observaient.

Je me sentais épier par leurs yeux. Comme s'ils tentaient de voir mes pensées à travers ma robe.

Je ne me sentais pas du tout à l'aise, donc je n'osais pas manger ou même m'abreuver en leur présence.

Ce ne fut que lorsque la nuit était tombée que je réussis à me rassasier.

J'étais inquiète, mais étrangement, j'avais un soupçon de sécurité ici.

La présence d'autres chevaux me rassurait.

Seulement, dans mon coeur et dans mon âme, ma place n'était pas ici.

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# Posté le mardi 27 mai 2008 19:56

Modifié le vendredi 06 juin 2008 15:57

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Antoine entâma doucement mon dressage. J'étais très dur d'approche.

Ce qui pouvait sembler évident pour d'autres chevaux ne l'était pas pour moi.

Pour moi, l'homme avait encore son statut de prédateur à mes yeux. J'étais très réticente à toutes leurs attentions.

Ils leurs prient un mois avant de parvenir à me mettre un licou. Tous s'étaient essayés.

Même la petite humaine. Elle s'appellait Laura. Elle n'était pas méchante, mais le courant ne passait pas entre nous deux.

Ce fut sa mère qui était parvenut à m'approcher en premier.

Étrangement, j'avais moins de dédain envers les femmes qu'envers les hommes. Elles avaient quelque chose de plus - ou de moins - que les hommes. J'ignorais qu'elle était cette chose, mais elle m'avait sufit pour faire confiance à cette femme.

Elle avait tout simplement commencé à m'habituer à sa présence. Elle venait dans mon enclos, sans pour autant m'approcher. Quelques fois, elle ne me regardait même pas. Elle se contentait de lire un livre ou bien de grignoter quelque chose.

Puis, plus le temps passait, plus la distance entre elle et moi rapetissait.

Jusqu'au jour où je lui avais permit de me toucher. Le contact dûra sûrement qu'une fraction de seconde, mais il s'était fait.

Tout s'était échelonner très vite à partir de ce moment.

Antoine était content que je devienne plus sympathique envers les hommes, mais il avait une certaine rancoeur à ce que la mère de Laura ait plus de facilité avec moi, qu'il en avait lui-même.

Au fil des jours, je leur permettais plus de choses en mon égard.

Antoine devait tout m'apprendre et il se devait d'être muni d'une énorme patience avec une jument comme moi. Il me prenait beaucoup de temps avant de comprendre, mais lorsqu'il y avait eut un déclic dans ma tête, je retenais quelles actions j'avais à faire.

On plaça aussi une jument haflinger du nom de Mistral dans mon enclos. Au départ, elle me parraissait ennuyante, mais le temps passé à ces côtés me fit découvrir une nouvelle amie. À un point tel qu'il était très difficile de la sortir de l'enclos sans que je tentes de la suivre.

Cependant, un certain jour, Antoine prétendait que j'étais insupportable. Il ne voulait pas que Mistral reste avec moi, car il disait que j'étais "en chaleur".

Je détestais être seule. Je pouvais voir les trois chevaux qui étaient ensemble dans le paddock d'en face. Je les observais attentivement. J'essayais d'attirer leur attention, je les appellais, mais il n'y en avait un seul qui me répondait.

Une voiture arriva dans la cours de l'écurie.

Je vis la petite humaine ainsi que sa mère débarqué de l'engin.

La petite se dirigea vers le cheval qui m'accordait de l'attention.

"T'occupes pas d'elle Automne, elle doit être encore plus folle que d'habitude! Avait-elle lancé."

"Elle n'est pas folle, corrigea sa mère. Simplement plus spécial que les autres!"

"C'est Automne le plus spécial, rêvassa Laura en flatant le chanfrein de l'étalon. Surtout lorsque je le montes!"

Sa mère la regarda sévèrement.

"Je parlais de la seule et unique fois où je l'ai monté! Balbutia t-elle. Je comprends que c'est un étalon et qu'il peut être dangereux, Antoine et toi me l'avez expliqué un millions de fois!"

Sa mère la regarda perplexe, mais tout de même satisfaite de la réponse.

La petite alla rejoindre sa mère près de mon enclos.

"Antoine a organisé une randonnée avec les proprios aujourd'hui, on pourrait monté Ronnie toutes les deux! Proposa la mère."

La petite hésita un instant.

"Non, je vais resté ici, décida t-elle. J'aimerais observé Furie..."

"Vraiment? S'étonna la mère."

"Oui! Tu sais... Elle m'intéresse beaucoup!"

Émy la regarda perplexe, mais elle ne posa pas de question. Laura resta assise sagement près de mon enclos, pendant que tout le monde s'occupait de seller leurs montures.

"Ne t'avise jamais d'entrer dans son enclos! Ordonna Antoine en regardant Laura d'un air autoritaire."

"Oui, promis... Grogna la petite découragée de tous les avertissements dont elle était sujete."

En un quart d'heure, tout les chevaux étaient prêts pour la randonnée. Laura les salua avant que ceux-ci ne s'en aillent dans un champ. Laura attendit de les voir franchir l'horizon, puis elle se dressa d'un bon.

Il ne restait qu'Automne et moi comme chevaux dans les alentours.

Laura se précipita vers l'étalon. Elle saisit une laisse qu'elle fixa au licou de mon semblable. Celui-ci se laissa conduire en dehors de l'enclos. Elle le sella rapidement et elle se dirigea vers un sentier boisé.

J'ai regardé tout autour de moi. C'était le silence, il n'y avait personne, pas un humain, ni même un cheval.

Voyant Laura et Automne s'en aller vers les boisés, je m'étais alors mise à galoper de long en large dans mon enclos, en criant de mon plus fort.

La solitude était sûrement la plus grande peur d'un cheval. Surtout chez les mustangs. Être seul rime avec être en danger pour les chevaux sauvages. J'avais l'impression d'être seule au monde, qu'il n'y avait rien autour de moi qui bougeait, comme si le temps c'était arrêté. Même les feuilles des arbres ne semblaient plus bouger.

Je m'étais immobilisée au milieu de mon enclos, pour tenter de reprendre le dessus de sur mes sentiments.

Je sentis un déclic se faire dans ma tête, puis j'étais reparti dans mes ruades.

Je criais, ayant pour seule réponse ma propre écho. J'ai continué ce jeu environ dix minutes, jusqu'à ce que je reçoive enfin une réponse.

J'aurais pu reconnaître cet hennissement parmis mille autres. C'était celui d'Automne.

Le son venait de la forêt. Je me suis alors lancé au grand galop vers la clotûre de l'enclos et je la franchis d'un saut.

Je me suis alors arrêté un moment, pour regarder les alentours. J'humais l'air de mes naseaux, tentant de repérer une odeur familière. Je me suis alors mise à marcher dans le sentier, reniflant le sol, les arbres...

J'ai sursauté lorsque j'aperçu Automne et Laura. Je m'étais approchés d'eux en trottant, mais Laura me stoppa d'un cris.

Quand Automne voulut s'avancer vers moi, celle-ci tenta de le retenir en tirant sur les rênes.

Je m'étais alors mise à hennir, satisfaite que celui-ci ait le goût de me suivre.

Il se mit à sautiller sur place, faisant paniquer sa cavalière.

Elle poussa un cris quand celui-ci parvint à la désarçonner en se cabrant. Elle retomba sur le sol, toujours suppliante envers Automne.

L'étalon l'ignora et il me suiva dans ma course. J'ignorais où j'allais, mais il me suffisait de sa présence pour retrouver un sentiment qu'on m'avait voler; je me sentais libre.

Notre jeu prit fin lorsqu'Antoine vint nous chercher. Il était sur le dos de Mistral. Celle-ci ne sembla pas avoir un point de pitié pour Automne et moi.

Elle se glissa habilement dans le champ où nous étions et Antoine parvint aisément à capturer Automne de son lasso.

Antoine ne poussa aucun cris, aucun grognement, mais je pouvais voir dans son visage qu'Automne et moi n'allions pas avoir un bel accueil à notre arrivée.

Je ne regrettais rien. J'étais toujours aussi fière.

Tant pis pour le reste, j'étais contente d'avoir vécu un autre moment de liberté.

# Posté le mardi 03 juin 2008 18:01

Modifié le mercredi 11 juin 2008 19:26